L’avenir appartient à la jeunesse – suite

Comme on attend Noël depuis aujourd’hui et que…je ne me suis toujours pas motivée à écrire la suite de cette nouvelle, je recherche toujours de la motivation (ou des coups de pieds au cul!).

Du coup, je me suis dis que j’allais vous mettre le premier jet d’une partie de la suite. Si vous voulez relire le début, il est là !

Bonne lecture

10 ans

Quelques années après, mes parents, mon frère et moi nous sommes allés en vacances au bord de l’océan. On allait toujours au même endroit, sur l’île de Noirmoutier, en Vendée. Cet endroit, ca a toujours été mon paradis. J’espère que vous irez vous aussi là bas avec autant de plaisir que moi. Cet été là, il faisait vraiment très chaud. Mais au bord de l’eau, avec le vent frais qui se levait régulièrement, nous étions bien. Il fallait même remettre un petit pull de temps en temps pour se protéger. 

J’avais rempli mon cahier de vacances qui s’appelait “Avant le collège”. Dans deux semaines à peine, c’était la rentrée en 6ème. La pression commençait à monter et j’avais beau ramasser tous les coquillages de la plage, je ne pensais plus qu’à ça.

Je m’étais fais plusieurs copains sur la plage. Il y avait une petite fille, mais je n’en ai que des bribes de souvenirs. Je me souviens surtout de sa grande soeur, Romy. Son prénom est resté gravé dans ma mémoire car il me faisait penser à Sissi impératrice. Elle était belle, et elle faisait de la gymnastique. Elle arrivait à faire la roue et l’équilibre, les mains dans l’eau. Ca m’impressionnait car moi je rêvais d’être douée en sport mais j’étais nulle à l’époque. Il y avait aussi ce garçon Tristan. Jamais je n’aurais appelé un de mes enfants comme lui tellement il m’énervait. Il était blond et plutôt musclé pour son âge. Mais il faisait l’idiot tout le temps, et me sautait dessus pour essayer de me faire des bisous sur la bouche. J’ai toujours détesté qu’on me force à quoi que ce soit et j’ai toujours eu un fort esprit de contradiction, donc c’était clair qu’il ne m’aurait pas.

Un soir, j’ai pris une des cartes postales achetées par ma mère pour écrire aux grands-parents et à la famille. Mais celle là, je l’ai écrite à Romain, je lui avais promis de lui donner des nouvelles.

***

Première colonie de vacances de ma vie. Franchement, j’étais flippé. Une semaine en Dordogne en plein cagnard dans un camp de vacances avec des gamins de 10 à 14 ans. Le thème c’était art du spectacle. Je ne sais pas où ma mère avait pêché un truc pareil. Elle s’était certainement dit que ca m’aiderait à dépasser ma timidité. Comme les animaux qui balancent leurs petits dans l’eau en essayant de voir s’ils vont survivre. Pendant ce temps là, ils prenaient du temps pour eux, pour se reposer…sans moi.

L’un des premiers ateliers qu’on a fait c’était théâtre. Avec les membres de mon groupe, on s’étaient tous installés en rond, assis sur des chaises. L’animateur a demandé un volontaire pour jouer une émotion. Je me suis enfoncé le plus possible dans ma chaise. Je n’avais aucune envie de me sentir ridicule à faire le guignol au milieu des autres. 

Le rouquin du groupe s’est proposé. Il s’appelait Anthony. Il devait jouer la tristesse. Je n’ai pas pu détacher mon regard de son visage. Petit à petit, il paraissait réellement de plus en plus triste. Il s’est mis à pleurer, de vraies larmes lui coulaient sur les joues. C’était impressionnant et émouvant à la fois. Et puis d’un coup, il est redevenu lui même, a essuyé les gouttes sur son visage et s’est rassis. Tout le monde a applaudi la performance d’acteur. L’animateur lui a demandé à quoi il avait pensé pour obtenir autant d’émotion et il a raconté que c’est à la mort de son grand-père qu’il s’était accroché. Le reste du séjour ne m’a pas vraiment laissé d’autre souvenir. A part celui que je n’aimais pas mais alors pas du tout les colonies de vacances. Je n’avais qu’une envie, revoir mes parents.

Et dire qu’à la rentrée c’était le collège. Un monde totalement nouveau qui ne me rassurait absolument pas. Ca excitait les autres garçons d’arriver en 6ème. Comme s’ils allaient devenir des caïds en passant les portes. Alors que moi j’imaginais un bâtiment immense (en fait, je l’avais déjà vu comme on l’avait visité en CM2), dans lequel je serais perdu, en retard, puni. Un lieu avec des garçons beaucoup plus grands que moi et des groupes de filles qui gloussent comme des idiotes. Je me disais que Lison, elle, elle ne ferait pas partie de ce genre de groupe. On avait passé toute la primaire dans les mêmes classes. Elle m’avait prouvé de nombreuse fois son intelligence. A bien y regarder, c’était un peu mon Hermione et moi…moi j’espérais être son Ron un jour. Mais pour l’instant on était juste des amis, hors de question que je lui parle de ca. Elle m’avait promis de m’écrire et j’espérais bien qu’elle allait tenir parole. J’avais hâte de la retrouver.

***

La semaine suivante, je n’avais plus que la rentrée en tête. Avec mon frère et ma mère, nous nous étions occupé des fournitures scolaires avant de partir en vacances. Mon nouveau sac m’attendait bien sagement dans ma chambre. J’en avais une pour moi toute seule maintenant. Je ne l’avais pas vraiment décoré. Seulement avec des photos de la famille ou des copains prises pendant les sorties et les anniversaires. J’avais disposé tous mes classeurs, ma trousse et mes stylos bien rangés sur le bureau, en attendant de tout mettre dans le sac la veille du jour J. J’avais plein d’affaires neuves, c’était la marque de ma nouvelle vie. Cette année là, j’avais choisi un agenda avec plein de mandalas. Il était dans les tons violet/rose. Avec ça si je n’arrivais pas à me motiver toute l’année !

En même temps, ça me paraissait une étape tellement insurmontable que je bassinais tout le monde avec mes questions. Comment se passe la rentrée? Et si on se trompe de salle on fait comment? Et si je me perds ? 

Ma mère rigolait et mon frère, lui, il râlait en me disant qu’il fallait que j’arrête de jouer les bébés, parce que lui, il avait bien survécu. Et puis qu’au pire, si je me faisais embêter, il viendrait casser la tête à celui qui aurait osé toucher à sa petite soeur.

Un après-midi, en rentrant de la plage, ma mère m’a dit “Lison, je suis fatiguée, est ce que tu peux faire des gâteaux pour ce soir? Tu sais, les cookies avec la recette de tonton Ben.”

Je lui ai répondu oui bien sur, mais est ce qu’elle pourrait m’aider quand même. Elle a répondu “je vais m’allonger un peu, j’ai vraiment besoin de me reposer. Tu vas très bien te débrouiller”.

Sur le coup, mon cerveau s’était un peu mis à fumer. Heuuu par quoi fallait-il commencer déjà? Ah oui, relire la recette et sortir les ingrédients. Sucre, farine, oeufs, chocolat, un peu de miel… Une fois que tout était sur la table, relecture de la recette pour savoir dans quel ordre faire les mélanges. Sortir un plat, un ustensile pour mélanger et c’était parti. 

J’y ai passé au moins une heure, le front en sueur, à espérer ne rien oublier et ne rien faire tomber. A la fin de mon mélange, la pâte ressemblait à celle de d’habitude. Bon, c’était déjà un bon point. Pendant que je formais mes cookies sur la plaque, j’avais pris soin de faire préchauffer le four. J’étais un peu tendu quand il a fallu enfourner tout ca. Habituellement ma mère ne me laissait pas trop toucher à la cuisson et puis c’était le four de la location de vacances, donc je n’étais pas trop habituée. 

En même pas dix minutes, je les ai vu dorer. Ca avait rempli la petite maison d’une bonne odeur, à vous en lécher les babines. En les sortant du four, je l’ai vu. Elle était là, dans l’encadrement de la porte, à me regarder. Depuis combien de temps, je ne sais pas. Est ce qu’elle était vraiment allée se reposer, maintenant, j’ai quand même de gros doutes, mais on en a jamais parlé. 

Ce dont je me souviens, c’est qu’elle s’est approchée avec un grand sourire plein de fierté, et qu’elle m’a fait un bisou sur le front. Le soir, au moment du dessert, elle a dit à mon père et mon frère que c’est moi qui avait tout fait. Puis, elle s’est tournée vers moi et elle m’a dit “Tu vois que tu es capable de faire des choses toute seule. Le collège ne sera pas plus compliqué. Tu vas apprendre l’autonomie et c’est notre rôle de te guider.”

Après ça, j’ai arrêté de stresser.

***

A mon retour de vacances, la carte postale m’attendait, posée sur le guéridon de l’entrée. Elle y avait pensé. Bon c’était assez succinct mais quand même. Le geste était là. Elle avait noté un truc du genre “les vacances se passent bien. Il fait beau et je me baigne souvent. Ca aurait été sympa qu’on puisse jouer ensemble. J’espère qu’on sera dans la même classe à la rentrée. A bientôt. Lison”. 

Ma mère était vite repartie au travail, à fond comme d’habitude. Du coup, c’est avec mon père qu’on a fait les courses de rentrée. Pas grand chose à acheter, si ce n’est le réassort habituel. J’adorais le sac que j’avais eu en CM2. Un Eastpack rouge, modèle increvable !

Du coup, quand on est allé faire les courses, on a commencé directement par le rayon des stylos, gommes et compagnie. Mon agenda, c’était le seul truc important et j’ai mis un moment à le choisir. Il fallait trouver quelque chose qui ne fasse ni trop grand ni trop bébé. J’ai opté pour les blagues de toto. Mon père a levé les yeux au ciel quand je l’ai mis dans le caddie. Lui, il hésitait entre un paquet de 10 et un paquet de 20 stylos bleus. C’est à ce moment qu’il s’est tourné vers moi et m’a dit sur un ton blagueur “Romain, t’en penses quoi? On prend le petit paquet hein? 20 stylos vu ton niveau scolaire, on est bien d’accord que tu ne vas pas en avoir l’utilité?”. Et il s’est mis à rire si fort que tous les parents présents se sont retournés vers nous. Je crois que son humour ne m’a jamais vraiment aidé et je me suis juré qu’un jour, il finirait par être fier de moi.

***

Mon réveil venait de sonner. C’était la première fois depuis deux mois que je l’entendais, et je le maudissais déjà. Mais quand j’ai réalisé que c’était là, maintenant, aujourd’hui ! C’était la rentrée ! Je me suis levée d’un bond, j’ai attrapé mes affaires préparées la veille et j’ai filé dans la salle de bain. 

Une bonne douche pour me réveiller et un bon petit déjeuner avalé, j’étais prête. C’est ma mère qui m’a accompagné. Devant les grilles du collège, tous les futurs 6ème attendaient. Certains, comme moi, étaient accompagnés d’un parent. D’autres étaient déjà avec leur groupe de copains. Certains étaient tout pâles, au bord du malaise. Moi, j’avais le coeur qui palpitait très fort. J’avais l’impression d’être dans une sorte de brouillard. C’est Manon qui m’en a sorti en venant me dire bonjour. Ca faisait un moment qu’on était copine et j’étais contente de la retrouver. Elle avait sacrément bronzé pendant l’été !

Puis la proviseure est entrée dans la cour. Une armée de professeurs s’est postée derrière elle. Elle a attrapé un micro, nous a expliqué un peu le fonctionnement et a commencé à appeler des noms. Après la 6ème A et la 6ème B, je l’ai entendu “Romain DUZAN”. 6ème C, il était en C. Il s’est approché, et a retrouvé Diego, mais ne m’a pas vu. Je croisais les doigts. Moi aussi je voulais y aller. Mais non…Elle ne m’a pas appelé et sa classe est partie. Mon coeur s’est serré. Il ne s’était même pas retourné.

6ème E, c’est là que Manon et moi ont a atterri. J’avais déjà oublié que ma mère était là quand je suis entrée dans le rang. On s’est tous regardés. Certains, je les connaissais de primaire, en plus de Manon, j’avais retrouvé Claire et Jennifer. Les autres c’étaient surtout des nouvelles têtes. J’ai fais un signe de la main pour dire au revoir. Ma mère m’a souri puis elle est partie.

***

Le matin de la rentrée, mes deux parents étaient avec moi au petit déjeuner. C’était rare donc il fallait en profiter. Je devais être un peu avant 9h devant les grilles pour rejoindre Diego et ses parents. J’avais mis un polo bleu foncé et un jean. Je me suis dis qu’il fallait s’habiller un peu, j’étais grand maintenant. D’ailleurs ma mère me l’a tout de suite fait remarquer “Et bien, tu es bien chic ce matin!”. Mon père a rétorqué “Il veut sûrement essayer de plaire aux filles”, et avec un petit sourire narquois a ajouté “ou bien il essaye d’attirer l’attention ailleurs que sur ses oreilles”. Et sur ce, ils sont tous les deux partis dans un grand fou rire. Ma mère grondait mon père en lui disant que ce n’était vraiment pas gentil, tout en continuant de pouffer. Bonjour le soutien !

J’ai demandé si on y allait en voiture. Ils se sont regardés d’un air interloqué, m’ont regardé, puis ce sont de nouveau regardés d’un air un peu gêné. “Ah mais mon chéri, papa et moi on pensait que tu voulais y aller tout seul. On n’avait pas prévu de t’emmener. J’ai déjà pris ta carte de bus. Tu te rappelles ? Ligne 4 jusqu’à la gare, ensuite tu y vas à pieds. On a déjà fait le chemin ensemble.”

Ma mère a dû sentir la déception qui m’a envahi à ce moment là car elle m’a tout de suite dit “Mais si tu veux, je te dépose en voiture. Je pourrais rester quelques minutes”. “Non, non, c’est bon”, j’ai répondu. Je n’ai même pas terminé ma tartine, j’ai jeté mon sac sur mon épaule, et je suis parti. 

Dans le bus j’avais juste envie de pleurer mais il fallait que je surveille les arrêts. Heureusement, celui de la gare on ne pouvait pas le louper. Il y avait du monde, normal c’était la rentrée. Au bout de 15 minutes je suis descendu et j’ai manqué de me faire bloquer le sac à dos dans les portes. Ensuite c’était facile, quasiment tout droit jusqu’au collège. Diego m’a fait des grands signes quand je suis arrivé. Monsieur et Madame ALVAREZ, ses parents, l’entouraient. Qu’est ce que je l’ai envié à ce moment là. Ils m’ont demandé si mon père allait arriver car ils le connaissaient depuis la primaire. Je leur ai dis que je n’avais pas voulu qu’il m’accompagne. J’ai préféré mentir que de leur dire…et de voir leurs visages remplis de pitié.

Heureusement, on a vite été appelés et tous les deux dans la même classe. Je n’ai même pas pensé à chercher Lison ce jour là. J’étais trop stressé…et triste à la fois. 

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Image par M. H. de Pixabay

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